La Kriegsmarine

De Christian Bernadac, aux éditions France Empire (ancienne édition à 86 Frs à l’époque), 510 pages.

Deux hommes – et seulement deux – vont assumer le destin de la Kriegsmarine tout au long de la seconde Guerre mondiale : Erich Raeder, qui croit aux cuirassés, et Karl Dönitz, qui croit aux sous-marins. Deux hommes qui ont cependant la même attitude, face à Hitler, en cette fin d’été 1939 : « Si nous entrions en guerre avec la Grande-Bretagne, nous ne pourrions que nous battre avec honneur et mourir. » Le rapport des forces préparé par le Haut Etat-Major fait état d’une disproportion flagrante en faveur de l’ennemi. Et cependant, avec sa Marine de poche, l’Allemagne va, non seulement tenir en échec la Royal Navy jusqu’à la fin de 1942, mais couper ses routes d’approvisionnement et réaliser le rêve impossible : isoler l’Ile. Lorsqu’en Janvier 43, Hitler choisit Dönitz pour remplacer Raeder, il est trop tard pour que les sous-marins puissent jouer un rôle décisif.

A travers la lecture des débats de Nuremberg, Christian Bernadac a reconstitué le puzzle, en donnant une continuité historique aux témoignages, une unité, une logique. Au fil des jours et des problèmes abordés (de la reconstruction de la Marine jusqu’à la succession de Raeder par Dönitz, en passant par la violation de la Convention de Genève et les crimes commis en mer) apparaîtront deux officiers supérieurs fort différents du portrait officiel qu’ils ont voulu laisser aux générations futures.

La Kriegsmarine est aussi un livre d’action car Bernadac a voulu raconter les grands classiques de cette guerre en mer : fin du Hood et du Bismarck, agonie du Tirpitz, course en « raider » de l’Admiral Scheer, naufrage – le plus grand de tous les temps – du Wilhelm Gustloff, exploits des principaux commandants de U. Boot, etc.

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