August von Kageneck

   

Souvent cité dans les documentaires, August Von Kageneck a été un témoin important durant le second conflit mondial. Voici trois de ces ouvrages publiés chez Perrin, dans la collection Tempus.

Erbo, pilote de chasse
A la veille de Noël 1941, Erbo von Kageneck fut tué en Libye par un chasseur australien. Crédité de 67 victoires aériennes homologuées, il était devenu l’un des 35 chevaliers de la croix de fer avec feuilles de chêne. Grâce à des documents familiaux, son frère raconte la trajectoire fulgurante de cet  » as  » de l’aviation.
Tout aussi intéressant pour l’histoire de la société allemande de l’entre-deux-guerres est le récit de l’enfance et de l’adolescence d’Erbo, âgé de 15 ans lors de l’avènement de Hitler : une famille catholique de la vieille aristocratie rhénane, un père jeune général en 1918, cinq fils élevés et éduqués dans la meilleure des traditions jésuites. Mais cela n’empêche pas, comme Erbo, de céder aux sirènes des Jeunesses hitlériennes dans lesquelles il se précipite avec enthousiasme. C’est aussi l’histoire d’une adhésion que raconte, avec son habituel talent, August von Kageneck.

Lieutenant de Panzers
« Je suis né en 1922. On dit en Allemagne que c’est la classe qui a le plus saigné, pendant la Deuxième Guerre mondiale. C’est peut-être vrai. Nous étions six jeunes volontaires dans mon régiment en décembre 1939 ; deux seulement sont revenus… J’avais cinq ans quand je dus retirer, dans ma Rhénanie natale, ma casquette devant le drapeau tricolore. Onze ans lorsque Hitler prit le pouvoir. Quatorze quand les soldats allemands revinrent sur notre rive gauche du Rhin. Dix-sept lorsque j’entrai au régiment de cavalerie de Bamberg. Dix-huit quand je pénétrai en Russie comme lieutenant de Panzers. Vingt-trois lorsque la guerre me recracha sur le sol de la paisible ferme de mon père, dans l’Eifel. Les circonstances et mes relations m’ont amené à connaître les salons des Grands de l’époque à Berlin et à Potsdam, la maison d’un fils du Kaiser, l’abri souterrain de Ribbentrop, les froids inhumains des steppes russes, les rives du Don, les Ardennes enneigées, le sinistre « Tribunal du peuple » de Berlin et les nuits de bombes et de flammes des grandes villes de mon pays. Film fou, film inoubliable. Deux frères tués, l’un devant Moscou, l’autre au-dessus de Tobrouk. Moi-même, trois fois blessé… » Ainsi August von Kageneck résume-t-il son parcours. Ce récit alerte, sincère, lucide et bien écrit, est un des plus remarquables témoignages qu’on puisse lire sur les douze années du IIIe Reich telles que les a vécues un jeune homme de la vieille noblesse allemande, passé de l’enfance au château à la Hitlerjugend, puis des ivresses de la victoire à l’humiliation de la défaite.

La guerre à l’Est
Dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, la phase la plus longue, la plus meurtrière, la plus éprouvante sur tous les plans, fut la guerre germano-russe qui a duré près de quatre années sans interruption. Outre l’immensité du pays et les éléments naturels qu’ils n’étaient pas préparés à affronter – des températures allant jusqu’à moins 50°, la neige, la boue – , les soldats du Reich se sont heurtés à partir de la fin 1942 à des effectifs infiniment plus nombreux et de mieux en mieux équipés grâce à l’aide américaine. Ils ont fait preuve de capacités à peine croyables, dans la défensive comme dans l’offensive. Pour restituer ce qu’ils ont vécu, von Kageneck raconte l’histoire significative d’une unité – le 18e régiment d’infanterie-grenadiers – qui a combattu sur le front de l’Est d’un bout à l’autre de la guerre. Ainsi suit-on celle-ci au plus près des hommes, officiers et soldats, dans le quotidien du combat ou de l’attente, dans le dépassement de soi à l’exclusion de toute idéologie, de toute adhésion particulière au nazisme. L’histoire de ce régiment a valeur générale. August von Kageneck, qui a lui-même connu le front de l’Est pendant dix-huit mois et dont un frère a trouvé la mort au sein de ce régiment plusieurs fois décimé, était évidemment le mieux à même d’écrire un tel ouvrage.

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