M4 Sherman

1/35 – Maquette TAMIYA + tube alu + photodécoupe EDUARD + fig DRAGON réf 6054.

    

   

Juste un petit rajout pour signaler que cette maquette est parue dans le n°61 du défunt Maquettes Militaires Magazine !

 Historique

Le char moyen américain Sherman M4, s’il fallait encore le présenter,  fut sans conteste le char le plus produit durant la seconde guerre mondiale et de nombreux exemplaires ont continué à servir bien après dans différentes régions du monde. Il fut conçu de manière simple et surtout adapté à la production de masse pour atteindre plus de 55.000 exemplaires fabriqués toutes versions confondues. La version M4A3 de cet excellent char a vu son apparition vers la fin de 1942 dans les usines de la Ford Motor Company et fut celle la plus produite. Le modèle que je vous présente dans ces pages appartient à la  4th Armoured Division de l’armée de Patton, combattant dans l’Est de la France au début de l’automne 1944. On pourrait même le situer non loin des âpres combats du secteur d’Arracourt, faisant une pause bien méritée, mais dont les membres d’équipage restent aux aguets, car les américains ont en face d’eux la très puissante Panzer-Brigade 111.

La maquette

Quand je me suis décidé à reprendre la maquette après une longue pause, j’ai farfouillé dans mes placards et suis tombé sur une vieille boite Tamiya du M4A3 référencée 35122. Après une étude sommaire des grappes et un premier montage à blanc, je me suis dit : « Tamiya, ça  reste du Tamiya ! ». Gage de qualité et précision d’ajustage. Mais, cela manquait de finesse sur le détail. Alors, je me suis porté sur l’achat d’une planche de photodécoupe Eduard et d’un canon Alu de 75mm (que l’on m’a gracieusement donné en fait !).

La première étape du montage a été la caisse. Sans surprise, l’ajustage se faisant sans difficulté. Puis le train de roulement, les roues étant laissées libres sur leur axe, barbotins et roues tendeuses n’étant pas collés afin de faciliter la peinture. La partie supérieure de la coque est détaillée plus en finesse grâce au set de photodécoupe Eduard. Mais n’étant pas un fan absolu de l’ « hyper-extra détaillage », je n’ai mis en place que les protèges phares et les bandes latérales perforées de caisse. Par contre, ayant eu l’intension de le « garnir » de figurines, j’ai bien été obligé d’approfondir le détaillage des trappes. Bon, je l’avoue, ça m’a fait plaisir et surtout quel réalisme ! La plage arrière a été recouverte par une bâche, positionnée sur quelques caisses et galet de rechange comme on peut le voir assez souvent sur les photos d’époque. Pour la fabriquer, j’ai utilisé de la feuille d’aluminium. Personnellement, autant joindre l’utile à l’agréable, je récupère les collerettes des « bonnes » bouteilles de vin. Et oui ! Que ne faut-il pas faire pour justifier un p’tit verre (avec modération bien-sûr) ? Elles sont d’une bonne finesse et se façonnent très facilement. La feuille se découpe très facilement, peut se graver, se coller l’une sur l’autre pour jouer sur l’épaisseur. J’utilise ce matériau notamment pour les brêlages et diverses sangles. Après mise en forme, je donne l’effet d’une bâche attachée avec du fil de cuivre. Une fois mis en peinture, ça me semble fort acceptable, non ?

La deuxième étape fut la tourelle. Là aussi, réalisme oblige, la mise en place de détails tels que le support de fixation du canon de la mitrailleuse sur le bord de la coupelle du chef de char, les protections d’épiscopes et l’adoption d’un canon métal à la place du modèle plastique contribuent énormément à  la finesse de la maquette. J’ai rajouté deux mains-courantes sur la trappe du chef de char. Ma technique est assez simple. Prenez une agrafe et coupez légèrement pour obtenir la bonne hauteur. Par contre, la « 12,7 » fournie dans le kit est assez laide. J’ai opté pour le modèle en plastique injecté de chez Académie réf. 1384 « Us Machine Gun Set », qui est plus que fort honorable à mon goût, car très bien moulé et très fin.

La peinture 

Avant tout, je réalise des dépôts de boue et de graviers sur les parties basses de la caisse. Pour cela, je mélange du Putty dilué avec des poudres de décor, du sel de cuisine, du sable fin …  que j’applique en badigeonnant avec parcimonie sur les flans, faces avant et arrière et à l’intérieur des roues. Je fixe grossièrement le tout avec une légère vaporisation d’apprêt Tamiya. Après mise en peinture, je travaillerai ces dépôts avec différents brossages de beige et de brun.

Après avoir testé différentes teintes de chez Tamiya et Prince-August Air, j’ai finalement porté mon dévolu sur le vert H78 de Gunze qui me semble le plus proche des teintes que j’ai pu observer sur les modèles en exposition dans différents musées de Normandie et d’ailleurs. Après un pré-ombrage noir sur les différents renfoncements et lignes de structure, j’appliqué la teinte légèrement diluée en deux passes à l’aérographe à 1 bar de pression. Puis un voile de vernis brillant, la pose des décals et un autre voile de vernis, mat cette fois.

Après ça, on salit tout ! Quelques petites noix de peinture à l’huile sont disposées en haut des surfaces verticales. Elles sont ensuite tirées à l’aide d’une brosse trempée dans le White. Une fois cette dernière opération réalisée et après séchage, j’ai empoussiéré la maquette avec des poudres de pastel de chez MRHOBBY « weathering pastel set 1 ».

On termine par la micro-peinture en marquant des éclats à l’aide d’un pinceau fin avec de la peinture gris-noir et par les accessoires et le lot de bord à la Prince August.

 Les chenilles vinyles, issues du kit et suffisantes car sur le Sherman point besoin de fléchissement particulier, sont parfaitement réalistes et possèdent leurs extensions pour terrain meuble, ce qui me satisfaisait pour une mise en situation dans l’Est de la France. Après une sous-couche, elles sont peintes en noir satiné, puis reçoivent des jus de brun et de rouille. Je finis en les empoussiérant et par un léger brossage à sec d’Acier graissé Prince August. Elles sont traitées au vernis mat pour fixer le tout. Pour un positionnement optimal, je n’hésite pas à placer une petite goute de colle cyanoacrylate au niveau d’une dent guide sur un galet de roulement.

Les figurines

Les tankistes sont tous issus de l’excellente boîte Dragon Ref. 6054. Malheureusement, j’ai pu m’apercevoir qu’elle avait disparu du catalogue et c’est fort dommage ! Je dis excellente car la sculpture, le moulage, les attitudes et l’expression des visages sont tout bonnement à la hauteur et n’ont rien à envier à certaines réalisations en résine. Les figurines sont peintes entièrement à l’acrylique Prince August. Pour les carnations, j’utilise les teintes brun chocolat, chair mat, blanc avec une petite pointe de terre et de rouge. Je commence par les plus sombres pour finir par les tons les plus clairs. Pour le pantalon de treillis, j’ai opté pour le vert américain 893, légèrement éclairci avec de l’ivoire. Les blousons et salopettes sont traités en mélangeant du jaune camouflage 978 au marron kaki 988 avec une pointe d’ivoire. Toutes les figurines reçoivent au final une couche de vernis mat en bombe, sauf pour les lunettes de protection qui reçoivent une goute de vernis brillant. Les grades et badges sont la plupart du temps peints ou issu d’une planche de décals Verlinden réf. 383, mais  l’exemplaire que je possède souffre d’une impression plutôt moyenne et aussi peut-être d’un vieillissement.

 Voilà donc finalisé mon modeste Sherman qui m’a remis sur les rails de la maquette. Je m’aperçois qu’en utilisant des recettes simples, on peut tout de même arriver à un résultat convenable, loin encore des réalisations des « grands maîtres », mais le principal, c’est de se faire plaisir !